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L'Ancien
Tribunal
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Eze,
le patrimoine
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| Le Tribunal |
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Sur le linteau de porte d'une maison occupée aujourd'hui par une cave à vins située au milieu de la rue principale subsiste quelques inscriptions que le temps continue d'estomper. Un il exercé y décèle cependant une date, une croix et une balance. Ces graffitis au sens archéologique du terme sont un témoignage ténu d'un aspect important de la vie quotidienne des Ezasques au Moyen Age et à la Renaissance : la justice. A Eze, le seigneur du lieu ou le duc de Savoie étaient investis de la basse, de la moyenne et de la haute justice, chacune correspondant à la gravité des délits. Dans les faits la haute justice était rendue par un juge, la moyenne par un docteur ès lois, la basse par un bayle (ou bailli). |
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La haute justice qui traitait principalement des faits graves comme les crimes de sang concernaient peu les Ezasques, la moyenne et la basse justices en revanche les préoccupaient beaucoup car c'est d'elles que dépendait le règlement des conflits quotidiens. La moyenne justice était rendue à Eze une à deux fois l'an dans cette maison. Chaque année le juge y tenait une session ou "parlamentum" au cours de laquelle toutes les affaires en instance étaient entendues. Préalablement, le bayle avait fait faire aux "endroits habituels" du village, sans doute les lieux où l'on voit encore un cercle au sol comme sur la placette, une proclamation par héraut et trompette ordonnant à toute personne accusée de se présenter pour "ouïr les sentences absolutoires ou condamnatoires qui seront prononcées". Ces journées pouvaient être chargées, 53 condamnations sont prononcées en 1348 et 56 en 1355. |
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La basse justice dépendait du bayle. Sa nomination pour une année, trois ans à partir de 1775, était un moment important de l'année. Le bayle constatait les infractions, veillait à l'application des lois et jugeait les petits conflits. Il était nommé par le comte sur une liste, appelée "la Rose", de trois candidats élus par le Conseil qui dirige la communauté. Le Conseil les choisissait parmi ses membres mais pouvait aussi désigner quelqu'un d'autre à condition qu'il ait une maison à Eze. Il apportait ensuite cette liste au comte qui le nommait. Parmi les droits qui dépendaient de la basse justice citons les amendes payées pour les dégâts causés par les animaux, les peines mais aussi d'autres plus étonnants comme le droit de pulvérage qui taxait les troupeaux des communes voisines qui traversaient Eze en soulevant de la poussière |
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