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La
Chapelle des Pénitents Blancs
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Eze,
le patrimoine
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| La Chapelle Sainte Croix |
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La confrérie des pénitents blancs d'Eze est fondée le 20 mars 1306. D'abord accueillis dans l'église, les pénitents s'installent ensuitedans la chapelle qui portent leur nom. Située au cur du village, la chapelle des pénitents est un petit bâtiment à nef unique précédé d'un porche orné d'une calade ou mosaïque de galets. Le réfectoire et d'autres salles annexes au niveau inférieur sont aujourd'hui occupées par des boutiques. Chaque confrérie était dirigée par un prieur et un sous prieur élus au moment des fêtes pascales. En 1782, celle d'Eze regroupait 89 hommes et 95 femmes. Sous le terme de "confraternita" les habitants associaient les pénitents blancs et une autre confrérie créée en 1713 placée sous le vocable du Saint Rosaire. Dans les faits rien ne les distinguait : ceux qui faisaient de l'une étaient inscrits dans l'autre. |
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Les ressources de la communauté d'Eze reposaient essentiellement sur les cotisations, les quêtes, les aumônes et les legs. En 1740 ils héritent notamment du chirurgien Antoine Fighiera de dix propriétés plantés d'oliviers et de caroubiers. Chaque années, les prieurs mettaient aux enchères auprès des éleveurs de vers à soie les feuilles des quelques mûriers blancs qui se trouvaient dans l'enceinte du village. Pendant la période révolutionnaire, en 1793, le culte est interdit (il sera restauré neuf ans plus tard) et les biens meubles et immeubles inventoriés. Les commissaires de la Révolution ne trouvent en revanche nulle trace des tableaux, des vases et des objets sacrés probablement cachés par les habitants. |
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Aujourd'hui la chapelle possède, entre autres une crédence du moyen Age, une sculpture en bois du Vierge à l'Enfant du XIVe siècle tenant dans sa main une pomme de pain, un Crucifix d'école espagnole daté par Bonifassi du XIIIe siècle et surtout une crucifixion attribuée à l'atelier du peintre primitif Ludovic Bréa. Les peintures religieuses de Michel Marie Poulain ont été très probablement réalisées vers 1953 à la suite du procès entre l'abbé Bonifassi et le peintre Bernard Leclerc chargé dans un premier temps des décorations murales de la chapelle, procès dont les détails sont relatés sur le site de Xavier Cottier (Le lotus d'Eze). C'est à cette époque que les murs de la nef ont été recouverts d'un badigeon blanc. |
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Né en 1906 et décédé
en 1991, Michel
Marie Poulain est une figure
de la Rive Gauche parisienne et
une figure d'Eze. Il
est connu pour avoir vécu comme une femme. Vêtu
d'un tailleur, coiffé d'un chignon, maquillé,
sa silhouette est restée dans les mémoires des
Ezasques.
Plus d'une dizaine d'uvres de Poulain son exposées dans la chapelle. Commandées par l'abbé Bonifassi, elles forment une série sur la vie du Christ : Visitation, Nativité, Ecce Homo, Crucifixion, Piéta. Ces uvres sont visibles par le public à travers les grilles d'un portail. |
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| Les Pénitents |
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Le nom de pénitents vient du latin paenitere qui signifie se repentir. Les premières fraternités se constituent en confréries au XIIe siècle mais l'origine des pénitents est bien plus ancienne, sans doute du VIe siècle. Durand de Maillane en donne une définition dans le Dictionnaire canonique de 1770 : "Fidèles qui, dans les provinces méridionales du royaume se réduisent en confréries pour remplir certains devoirs de dévotion et de charité comme chanter des offices divins dans une chapelle qui leur est propre, d'ensevelir les morts, d'assister les malades, de faire des processions en l'honneur de Dieu etc. Ces pénitents sont vêtus d'un sac blanc, bleu, noir, violet, gris ou rouge selon la couleur affectée à chacune des confréries dont le nombre dépend de celui des habitants de chaque ville. |
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L'habit du pénitent, le "sac", le "froc" ou la "cappa" en niçois, se compose d'une robe, d'un cordon et d'une cagoule en signe d'humilité et d'anonymat. La couleur désigne une fonction particulière et la tutelle d'une archiconfrérie. Dans les Alpes Maritimes, les blancs s'occupaient des malades sous la tutelle de l'archiconfrérie de Gonfalon ; les noirs des enterrements sous la tutelle des pénitents de Valréas, les rouges des orphelins sous la tutelle de la confrérie du Saint-Suaire, les bleus s'occupaient des voyageurs, des prisonniers et des esclaves. Nous savons par les archives que les pénitents d'Eze participaient aux processions, distribuaient des images pieuses, collectaient annuellement du blé et de l'huile, soignaient les malades et en particulier les lépreux et accueillaient les voyageurs. Les membres de cet ordre laïc devaient se plier à quelques règles strictes. S'ils étaient mariés, ils pouvaient user du mariage mais s'ils étaient célibataires ils devaient le rester. Ils devaient également pratiquer la prière, refuser les métiers d'armes et renoncer aux fêtes mondaines. |
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Jusqu'à une date
récente, les pénitents revenaient à Eze
au moment de la Fête Dieu à Eze pour la "Procession
des Limaces". Ce soir là,
après l'office, une procession aux flambeaux animée
par les pénitents et le public avait lieu dans le village
paré de chemins de fleurs et illuminé de centaines
de coquilles d'escargots.
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