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Mme de Genlis 1780 :
"En sortant de Nice on trouve le vieux château de Montalban
pris par les Français en 1744.
Deux lieues plus loin nous nous arrêtâmes à la
vue de la tour d'Eze, dominant sur la mer, et dont la situation est
admirable ; au bout d'une heure nous reprîmes notre marche.
cette route est parfaitement bien nommée la Corniche ; en beaucoup
d'endroits elle est si étroite qu'une personne peut à
peine y passer".
George Sand 1868 :
"C'est bien réellement une féerie que le panorama
de la corniche
Les ruines d'Eze, plantées sur un cône de rochers avec
un merveilleux pain de sucre arrêtent forcément le regard.
C'est le plus beau point de vue de la route, le plus complet, le mieux
composé. On a pour premier plan la formidable brèche
de montagnes qui s'ouvre à point pour laisser apparaître
la forteresse sarrasine au fond d'un abîme dominant un autre
abîme. Au-dessus de cette perspective gigantesque où
la grâce et l'âpreté se disputent sans se vaincre
s'élève à l'horizon maritime, un spectre colossal
C'est la Corse".
Stéphen Liégeard 1887 :
"Eze
Sombre au sommet d'une pyramide isolée, sa
silhouette s'enlève en vigueur sur les transparences de l'horizon
Les stries du sentier qui descend vers la grève semblent les
lacets d'or de son noir corsage ; le soleil a bruni son front, l'orage
et le canon lui ont, aux éclats de leurs tonnerres, déchiqueté
un diadème de ruines. Les Alpes elles-mêmes, les Alpes
neigeuses
l'apercevant de loin, ne doivent pas la contempler sans stupeur. Aire
ou repaire, on se demande qui la suspendit de la sorte, si elle est
habitée, par quel point on l'aborde, et comment, y ayant pénétré,
il reste possible d'en sortir."
Jean Lorrain 1905:
"Quand les amandiers seront en fleurs et que le bleu du large
s'éclaboussera de floconnements roses, qui seront autant de
branches de pruniers ou de pêchers, c'est alors que vous sentirez
monter des golfes et des promontoires la poésie virgilienne
de nos vergers d'oliviers
Ah ! la silhouette violâtre du rocher d'Eze, les arabesques
d'or de l'Esterel dans le couchant là-bas, à l'extrémité
de la Baie des Anges, la nostalgie des voiles latines tachant de rouille
l'horizon
"
Victorien Sardou :
"De loin, Eze vous paraissant nu, sans végétation,
de la couleur du roc où il est assis, et comme un grand tas
de cendres. Vous quittez à peine la corniche, et les amandiers,
les pêchers en fleurs, le feuillage épais et gras des
caroubiers, le gris argenté des oliviers, l'herbe verte et
drue des prairies reposent vos yeux fatigués par la blancheur
de la route
Puis vous gagner le village qui s'offre à vous sous le fier
aspect d'une forteresse imprenable.
Rampe d'accès, murs d'enceinte, habitations tout est taillé,
construit dans le roc et fait corps avec lui, au point que l'on ne
distingue plus le travail de la nature et de l'homme."
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