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| Le Mont Bastide |
| Les populations
locales, désignées par les auteurs grecs ou latins sous
le nom de Ligures qui deviendront les Celto Ligures après avoir
fusionnées avec des Celtes venus du Nord-Est) sont décrites
au Ier siècle av. J.-C. par Diodore de Sicile et Strabon comme
un peuple rude, courageux et à l'occasion bon guerrier. Ils érigèrent
à partir du VIe siècle avant notre ère des structures quadrangulaires ou circulaires en gros blocs assemblés à joints vifs : les "Castellaras". Le département des Alpes Maritimes compte plusieurs castellaras, mais celui du Mont Bastide sur la Grande Corniche est assurément l'un des mieux conservés et des plus connus grâce aux différentes campagnes de fouilles réalisées depuis le XIXe siècle, notamment par le commandant Octobon dans les années cinquante et surtout par Pascal Arnaud, professeur d'histoire et d'archéologie du monde romain à l'Université de Nice qui y a consacré plusieurs campagnes de 1998 à 2001. |
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| Même
si de rares découvertes permettent de penser à une occupation
des sols très ancienne, comme l'affirmait le commandant Octobon,
il n'existe pas sur le site de traces antérieures à la
fin de l'âge du Bronze ou du Premier âge du Fer. Le castellaras a été ensuite occupé d'une façon continue jusqu'à la première moitié du IIIe siècle ap. J.-C. puis du Ve au VIe siècles. On n'a pas retrouvé de vestiges caractéristiques du IVe siècle. Le Castellaras du Mont Bastide était un site enclos ceinturé par endroit d'un rempart de gros blocs irréguliers. Ce rempart, entretenu jusqu'à la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748), possédait qu'un seul accès à l'époque protohistorique. Cette porte remaniée pendant la période impériale demeure aujourd'hui le vestige le plus spectaculaire. |
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| Le
site se présente comme une succession ininterrompue d'îlots
avec des rues se coupant à angle droit. Certaines d'entre elles semblent avoir été dallées à l'époque romaine et munies d'un système d'égout. Si le tissu urbain, très dense, a peu évolué avec l'arrivée des Romains, son apparence, en revanche, a progressivement changé à partir du début de l'Empire : arasement des anciennes structures en terre pour des constructions maçonnées à deux ou trois niveaux couvertes de toits en tuiles tegulae et imbrices. Avec les Romains, la voûte fait également son apparition au-dessus des portes. |
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| Selon
Pascal Arnaud "le village romain devait présenter un aspect
très proche de celui de la plupart des villages de notre région au début de l'époque moderne. Plus proche dans sa nature d'une ville en miniature que d'un conglomérat d'exploitations rurales". |
| Avec
l'agriculture, l'artisanat y était en effet très présent.
Ainsi, aux côtés d'activités vinicoles ou oléicoles
attestées par la présence de nombreux pressoirs, les habitants
du Mont-Bastide travaillaient le fer depuis le Ier siècle av.
J.-C., le textile représenté par des pesons de tisserands,
la poterie comme le prouvent les fragments de céramiques sigillées.
Le verre et la céramique témoignent aussi avec les monnaies
de liens étroits avec le littoral. Les rares inscriptions qui
nous sont parvenues permettent enfin de penser que le site était
rattaché à la Neuvième région de l'Italie
augustéenne, du Ier siècle de notre ère, plutôt
qu'à la province des Alpes Maritimes. |